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  • Audrey Grenier

Je ne pardonne pas car pardonner c’est donner raison !

Mis à jour : 5 juin 2018

Je ne pardonne pas car pardonner c’est donner raison ! La perception collective influence-t-elle le pardon ?


Le pardon est différent pour chacun de nous. Certaines personnes disent ne pas vouloir pardonner des gestes qui leur ont données souffrance ou colère. D’autres préfères oublier et mettre fin à une relation par simple différences de valeurs et opinions. C’est évident qu’il y a absence de compréhension car les modèles de vie sont différents pour chacun de nous. Or, comme l’inné et l’acquis sont différents pour chacun d’entre nous pourquoi sommes-nous incapables de le comprendre au quotidien. Qui détient la vérité absolue, personne. Et si on essayai de sortir de sa bulle pour comprendre davantage non pas d’être d’accord mais de comprendre car l’écoute attitre l’écoute et non l’approbation.

Extrait de mon livre :

Le pardon est donc personnel et cheminera au rythme de chaque individu. Cet état psychique, même s’il suscite des émotions intenses, permet de se libérer. En nous pardonnant puis en pardonnant à l’autre, nous donnons à notre être entier la clé qui ouvrira la porte de la paix intérieure. C’est cette paix intérieure et extérieure qui nous remplira de légèreté! Le processus de pardon est comme une roue de loterie. Nous franchissons la première étape, puis la deuxième, pour nous approcher doucement du magot : la liberté! D’évidence, elle n’est pas le fruit du hasard. Il faut passer à travers diverses émotions avant de gagner le gros lot, mais Dieu sait que cela vaut le coût! On entend souvent cette fameuse phrase : Le présent est important, alors arrête de vivre dans le passé et passe à autre chose! Or, l’humain n’est pas un concept comme cette phrase. Il est important dans le processus du pardon tout comme du deuil de vivre entièrement ses émotions, car être, c’est aussi accepter↓♥ de vivre et d’accueillir nos émotions négatives (par exemple, la peine et la colère) pour cheminer. Si je suis à l’extérieur de moi pour créer un monde plus joyeux, je ne suis pas à l’écoute de mes émotions intérieures puisque j’ignore celles-ci. Le fait de pardonner soulage beaucoup. Selon moi, le pardon est synonyme d’avancement puisqu’une prise de conscience en jaillira. Il vous faut être conscient de votre corps, de votre être et des douleurs qui l’habitent. Le pardon est signe que vous baissez le drapeau de guerre, que vous visualisez de l’avancement vers un monde meilleur et, surtout, que vous contrôlez vos pensées.

Si nous vivons dans le passé, nous conservons nos souffrances. Puisque notre mental est fort, plusieurs enfouiront ces émotions dans une cachette secrète de leur corps. Or, attention, cher ami! La vie n’est pas menteuse et la vérité nous rattrape toujours. Bref, votre mental peut acheter du temps, c’est tout. Le pardon peut être vécu par une seule personne. Ainsi, celle qui demande le pardon peut l’obtenir sans l’« accord » du pardonné, et vice versa. Personnellement, j’ai pardonné à mon père biologique sur son lit de mort. J’ai fait ce cheminement seule, devant son corps inanimé, alors qu’il ne pouvait plus participer à l’acte de pardon. La libération se fait à l’intérieur de soi, et non à l’extérieur. Les émotions sont responsables de notre cheminement. Il est ainsi difficile d’être en action lorsque nos émotions nous gouvernent. Est-ce que le pardon existe dans chaque société? En fait, des études révèlent que, peu importent le milieu de vie, la nationalité et l’environnement, l’humain est capable d’associer et de décortiquer des émotions diverses. De ce fait, je crois que le pardon est un processus universel pour cheminer, avancer et se libérer. Le pardon a été nécessaire dans ma vie pour défaire mes chaînes du passé. Le simple fait de penser à mon minable abuseur provoquait une lourdeur indigeste et pénible dans tout mon corps. Je rêvais même parfois de lui faire du mal, de le torturer pour lui rendre ma douleur. À l’inverse, la présence paternelle manquait à ma vie. Lorsque je constatais une solide relation père-fille dans mon entourage, j’avais un douloureux pincement au cœur♥. Dans le développement personnel d’une fille, le père est très significatif et apporte une immense sécurité. C’est le levier protecteur au sein d’une famille, après tout. En résumé, dans ma maison, le levier était très faible!

La perception collective influence t-elle le pardon ?

Aussi, il y avait un autre facteur qui a alourdi énormément mon cheminement par rapport à l’abus. Ce facteur est la perception collective. Voici une citation qui illustre bien ce qu’est la perception collective :

« Les filles ont mal au ventre de voir que, quand elles dénoncent un abus, on les traite comme si elles étaient coupables de l’avoir provoqué »

Référence de Lucile de Pesloüan /Pourquoi les filles ont mal au ventre?

Pour moi, la perception collective, c’est des connaissances des phénomènes extérieurs en relation avec l’intégration des valeurs, des mœurs, des systèmes politique et moral, avec la contribution des gestes posés en accord avec la perception collective. Elle est aussi la personnalisation de chacun de nous en lien avec la pédophilie, dans le cas présent. Je suis née dans une société occidentale où la pédophilie, qui est une attirance sexuelle pour les enfants pré pubères, est jugée comme étant un acte criminel. Ce même geste aurait peut-être provoqué une réaction différente chez moi et chez mon entourage si j’avais vécu ailleurs dans un autre pays, où la tolérance dans la cellule familiale est différente selon les lois, les valeurs et les mœurs. À la suite de la dénonciation des actes d’abus de mon père, la peur, le dégoût, la honte et l’isolement ont teinté mes journées. Ce que je veux dire, c’est que la cellule familiale est très fragile, donc les émotions sont sollicitées au maximum pour la victime autant que pour les autres. Au Québec, la perception collective a assurément des impacts sur la victime et aussi sur chaque personne qui l’accompagne. Ainsi, les réactions de la famille et des amis ont un impact sur le cheminement de la victime.

Revenons à la perception collective. Prenons l’exemple fictif d’un enfant en bas âge dans une garde-robe, éloigné de tout contact social, dans le but d’observer au fil des ans ses attitudes et réactions. Croyez-vous que cet enfant vivra la même perception de l’abus qu’un enfant qui socialise? Bien sûr que non puisqu’il n’aura aucune image collective ou personnelle liée à ce geste. Il sera d’une neutralité paralysante puisque son fichier de données sera autre. Je veux dire ici que le tabou de l’inceste n’est pas inné dans toutes les sociétés, mais apparaît comme une construction sociale. Ce qui est étonnant, c’est que des psychanalystes reconnaissent l’inceste comme une « morale innée », donc un comportement que tout individu sait naturellement comme étant mal. À mes yeux et à celui de gens que j’ai côtoyés lors de thérapies, ces propos me semblent faux. Quand j’étais petite et que je subissais de l’inceste, je pouvais être mal à l’aise devant des situations, mais ce mal-être ou ces positions inconfortables ne prouvaient pas à elles seules que je fusse victime d’abus ou de gestes criminels. C’est en grandissant que j’ai compris ma situation. Les réactions des autres ont toutefois augmenté mon mal-être, car je culpabilisais. Je me sentais coupable de la peine de maman. J’avais perturbé toute la famille avec mes propos et ce fait était lourd sur mes petites épaules.

Ainsi, je ne savais pas de manière innée que l’inceste était non respectueux. Ce sont la norme sociale et les réactions des gens autour de moi qui m’ont plongée dans des émotions dramatiques. Sur le coup, les gestes soupçonneux de mon père ne m’ont pas permis de valider qu’il était un pédophile ou que je subissais des gestes anormaux et irrespectueux. Par la suite, ma compréhension de l’inceste a cheminé, en parallèle avec les réactions des autres et avec mon ouverture à mettre des définitions sur des émotions et des termes, comme agression sexuelle, immoral, inceste. Et la liste continue.

Comment expliquer qu’un même geste puisse apporter des réactions totalement opposées dans d’autres pays? Cette réalité me captive énormément et cette règle s’applique sur bien des plans. Cela m’amène à comprendre que tout découle d’une perception. Ainsi, nous construisons nos souffrances selon la perception de notre collectivité (mœurs) et de notre propre perception (valeurs personnelles). Quand on prend conscience de ce fait, nous devons être autonomes et responsables de notre cheminement pour bâtir notre vie de rêve. Je ne blâme pas ma société, mais je veux seulement dire que la perception sociale et les valeurs personnelles forment un tout à l’intérieur de nous. Heureusement, peu importe où l’humain se trouve, son univers intérieur peut être plus fort que tout ce qui est à l’extérieur. Ainsi, la perception de mon vécu qui m’habitait à l’adolescence était teintée de ce que mes yeux observaient en vieillissant. Donc, la peur, l’angoisse, la culpabilité et l’isolement habillaient mon être entier. Plus jeune, j’étais inconfortable devant les gestes de mon père. J’ai crié après lui, car j’avais mal dans mon corps. Après, j’ai dénoncé le secret de ma sœur à ma mère par protection. Devant la douleur de ma sœur, de la mienne et des larmes de maman, j’ai été en état de choc à cet instant précis. Je voyais l’homme comme une affreuse et lamentable épave. Je le fuyais partout en le tuant du regard. Quel beau scénario pour une adolescente qui entrait dans une crise existentielle et qui était en conflit avec sa propre sexualité! Je peux vous dire que j’étais barricadée dans un milieu où l’ouverture sexuelle était absente. Je vivais des montagnes russes d’émotions, ce qui m’a amenée à me renfermer dans un univers loin de la réalité, dans un milieu où je me sentais à l’abri de toute attaque humaine. Je pouvais créer des univers fantastiques très colorés, comme un enfant qui plonge dans la fiction. À toutes les personnes ayant été victimes de drame, d’abus divers, d’intimidation ou autre, je vous souffle plus de courage et d’amour que de peur.

Verbalisez cette phrase le plus souvent possible :

Je veux, je peux et je fais! La peur n’existe pas.

Je crée mes perceptions.

Et gardez toujours en tête que le pardon peut être pour vous le chemin vers la rédemption.

Je partage avec toi des références sur le pardon qui sont en lien avec le sujet :

http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/Pardonner-pour-se-liberer

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pardon

http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/Les-7-etapes-du-pardon

https://www.topchretien.com/un-miracle-chaque-jour/pardonner-peut-il-liberer/


Je veux le livre: http://www.atma.ca/produits/abus-violence-manipulation-je-peux-m-en-sortir/




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